lundi

Contes pour l'avent.

Comme d'autres familles, nous nous inspirons de la pédagogie Steiner-Waldorf sans pourtant baigner dans la religion. Pour nous, cette période est celle de l'attente du solstice d'Hiver avant tout. Ce temps est celui le plus sombre de l'année, parfois cette obscurité peut nous atteindre à l'intérieur de nous-mêmes. Depuis la Saint Michel nous luttons donc et attendons le retour de la Lumière du Soleil. Sa renaissance. C'est cette naissance là que nous fêtons personnellement.

Alors voici de jolis contes glanés sur la toile, qui parlent de cette magie de l'attente.

Tout d'abord chez Prune et Violette: Le secret qui fait lever le jour de Jean Debruynne.

J'aime aussi La visite des araignées

En voici un autre:

La naissance du soleil

De Starhawk dans Circle Round, p.98

C’était le milieu de l’hiver et le soleil était rendu très vieux. Toute l’année, le soleil avait travaillé très fort. Jour après jour, il se couchait et se levait. Toute l’année, le soleil avait nourri tous les habitants de la terre en donnant de l’énergie aux arbres et aux fleurs et à l’herbe afin qu’ils puissent pousser et nourrir les animaux, les oiseaux, les insectes et les gens.

Maintenant, le pauvre soleil était fatigué et avait de la difficulté à se lever le matin. Peu de temps après être sorti du lit, il avait déjà besoin de retourner se coucher. Les journées raccourcissaient donc de plus en plus, et les nuits allongeaient, jusqu’à ce que le jour soit si court que ça ne valait presque plus la peine de se lever.

La nuit était triste pour le soleil. « Viens te reposer dans mes bras, mon enfant, dit-elle. Après tout, je suis ta mère. Tu es né de ma noirceur, il y a des millions d’années. Laisse-moi te bercer maintenant, comme je berce chaque étoile dans l’univers. »

La nuit enveloppa donc le soleil de ses grands bras, et la nuit fut effectivement très longue. « Pourquoi est-ce qu’il fait noir si longtemps, demandaient les enfants partout sur la terre. Quand le soleil sera-t-il de retour? »

« Le soleil est très fatigué, disaient les adultes. Mais peut-être que si vous, les enfants, le remerciez pour tout ce qu’il fait pour nous, la lumière reviendra peut-être au matin. »

Les enfants chantèrent de belles chansons au soleil. Puis, ils pensèrent à toutes les choses que le soleil leur donnait. « Merci de faire pousser les laitues et le maïs et le riz et le blé, dirent-ils » « Merci de faire pousser les arbres dans les forêts et les algues dans les océans et le krill qui nourrit les baleines. Merci de créer le vent qui amène la pluie.»

Chaque fois qu’un enfant disait merci, le soleil commençait à se réchauffer un petit peu et à donner un peu de lumière. Bien en sécurité dans les bras de la nuit, le soleil rajeunissait de plus en plus.

Finalement les enfants durent aller se coucher. « Nous allons resté réveiller pou voir le soleil se lever à nouveau, dirent les adultes. » « Est-ce qu’on peut rester debout nous aussi, demandèrent les enfants. » « Vous pouvez essayer, mais vous tomberez de fatigue, répondirent les adultes. Mais vous pouvez tous allumer une bougie, parce que chaque flamme est une étincelle du feu du soleil. Mettez votre chandelle dans un endroit bien choisi et elle veillera pour vous tandis que vous dormez et que vous rêvez au retour du soleil. »



Les enfants allumèrent leurs chandelles et les déposèrent dans un endroit sécuritaire et chaque flamme était une étincelle du feu du soleil. Puis, le soleil jeta un coup d’œil par-dessus les bras de la nuit, et vit les petits feux qui brillaient et commença à se réchauffer un peu plus, à donner un peu plus de lumière et à se sentir encore un peu plus jeune.

Tôt le matin, les adultes réveillèrent les enfants. Ensemble, ils grimpèrent jusqu’au sommet d’une colline et firent face à l’Est, en direction du soleil levant. Ils chantèrent de belles chansons au soleil et courraient partout pour se réchauffer. Ils attendaient pou voir ce que l’aurore apporterait.

Le ciel commença à passer du noir, à l’indigo, au bleu. Peu à peu, le ciel s’éclaircissait. Une lumière dorée apparut à l’horizon. La nuit entrouvrit ses grands bras, et dans un éclat de clarté, le soleil apparut, nouveau, fort et brillant.

Comme le soleil s’était bien reposé pendant la longue nuit et qu’il avait rajeunit grâce aux chansons et aux remerciements des enfants, il redevint jeune comme un petit bébé, né de la nuit une fois de plus.

« Le soleil revient! Le soleil renaît aujourd’hui! s’écriait tout le monde. Et ils dansèrent et ils chantèrent encore pour célébrer la naissance d’un nouveau jour, d’une nouvelle année.



Les fées de Yule – Une histoire pour le solstice d'hiver
Auteur inconnu


Un groupe de petites fées étaient recroquevillées dans leur maison sous les racines profondes d'un chêne géant. Elles étaient en sécurité et bien au chaud dans leur grotte minuscule bordée de duvet de pissenlit, de plumes d'oiseaux, et de mousse séchée.

Dehors, le vent soufflait du froid et la neige tombait doucement vers le bas couvrant le sol. «J'ai vu le Roi Soleil aujourd'hui, » dit la fée nommée Rose comme elle tirait son manteau de mousse autour d'elle. « Il avait l'air si vieux et fatigué comme il s'en allait dans la forêt. Quel est le problème avec lui? »
« Le grand chêne dit qu'il est en train de mourir », répondit Jonquille.
« Mourir? Oh, mais qu'allons-nous faire maintenant? » commença à pleurer Petite Herbe des Prairies : «Si le Roi-Soleil meurt, nos amies les petites plantes ne pousseront pas. Les oiseaux ne viendront pas chanter à nouveau. Tout sera à jamais l'hiver ! » Lilas, Pissenlit et Fleur de Sureau tentèrent de réconforter leur amie, mais elles étaient toutes très tristes. Comme elles se recroquevillèrent les unes sur les autres, on frappa à la minuscule porte.
« Fées, Ouvrez ! », cria une voix forte. « Pourquoi vous cachez-vous au lieu de nous rejoindre dans notre célébration du solstice? » Rose ouvrit la porte et le petit gnome Marron Noueux se poussa à l'intérieur, secouant les flocons de neige étincelants de son habit brun et de son chapeau.
« Nous sommes trop tristes pour faire la fête », déclara Jonquille en essuyant ses yeux, « Le Roi Soleil se meurt, n'en avez-vous pas entendu parler? »
« Il n'est pas mort, stupides fées ! », Marron Noueux roulait des yeux sombres où brillaient des rires. « Maintenant, dépêchez-vous, ou nous allons être en retard à la fête! »
« Comment pouvez-vous être heureux et rire? » Fleur de Sureau tapa par terre de son petit pied et fronça les sourcils devant le gnome. «Si le Roi-Soleil est mort, ce sera toujours l'hiver. Nous ne reverrons jamais le soleil à nouveau ! »
« Stupide enfant-fée ! », Marron Noueux saisit pissenlit par la main et la tira sur ses pieds. « Il y a un secret niché au coeur du Solstice d'hiver. Vous ne voulez pas savoir ce que c'est? »
Les fées le regardèrent avec étonnement. « Un secret ? » dirent-elles. « Quel secret? Nous ne sommes que des nouvelles fées, gnome idiot. Nous n'avons jamais été à une fête du solstice avant. »
« Venez et voyez. Venez et voyez. Mettez votre caps et venez avec moi. » Marron Noueux dansait la gigue autour de la salle. «Vite, vite, ne soyez pas si lentes ! Au Bosquet du Chêne Sacré dans la neige! ». Il dansa sur le pas de porte et disparut.
« Qu'est-ce que ce gnome a voulu dire? » demanda Rose en même temps qu'elle ramassait son manteau de pétales de roses entrelacés par des toiles d'araignée et bordé de duvet d'oie.
« Je ne sais pas, mais la Dame vit dans le bois sacré. » Herbe des Prairies tira sur son chapeau.
« Peut-être que si nous allons voir la Déesse, Elle pourra expliquer ce dont Marron Noueux parlait ».
Les fées quittèrent leur douillette maison et marchèrent péniblement dans la neige en direction du bosquet du Chêne Sacré. La forêt était sombre avec la seule lumière de la lune brillant à travers les épaisses branches de sapin et les membres nus de l'érable et de l'aubépine. Il était très difficile pour elles de passer à travers la neige, car elles étaient vraiment très, très petites. Comme elles pataugeaient dans la neige mouillée et grelottaient dans le vent froid, elles rencontrèrent un renard.
« Où allez-vous, petites fées ? » demanda le renard.
« Au bois sacré», répondirent-elles, grelottantes et frissonnantes.
« Montez sur mon dos et je vous y emmènerai rapidement. »
Le renard se mit à genoux de sorte que les fées puissent grimper. Puis il courut à travers l'obscurité.
« Écoutez ! » dit Lilas alors qu'ils s'approchaient du bosquet sacré. « Des personnes chantent des chansons de joie. BEAUCOUP de personnes."
La belle musique repoussait l'air froid, tranquille et nimbé de clair de lune. C'était la plus belle musique que les fées n'avaient jamais entendu. Le renard transporta les fées tout droit au bord de l'autel de pierre au centre du bosquet, puis se mit à genoux.
« Regardez ! » dit Fleur de Sureau comme elles glissaient sur le sol enneigé. « Il y a la Jeune Fille et la Mère et l'Ancienne, et beaucoup d'autres personnes du Petit Peuple »
« Ils sont tous souriants et heureux », déclara Lilas en regardant toutes les créatures autour d'elles.
« Tous les animaux sont là aussi », chuchota Pissenlit. « Pourquoi regardent-ils tous la Mère ? »
Les fées se rapprochèrent des trois dames assises sur la pierre d'autel. La Mère tenait un gros paquet dans Ses bras, à qui Elle souriait. La Jeune Fille se pencha et prit doucement les fées dans ses mains. Elle les tint près de la Mère afin qu'elles puissent voir ce qu'Elle tenait.
« Un bébé ! » s'écrièrent les fées. « Un nouveau bébé ! Regardez comme il brille ! »
Il est le nouveau-né Roi Soleil», déclara la Jeune Fille en souriant.
« Mais Marron Noueux et le vieux chêne avait dit que le Roi Soleil est mort », lui répondirent les fées. « Comment ce petit bébé peut-il être le Roi Soleil ? »
« C'est le grand secret du Solstice d'Hiver. » L'Ancienne, la Sage, toucha la joue du bébé avec sa main ridée. « Chaque année, le Roi-Soleil doit venir dans le bois sacré pendant les jours sombres de l'hiver où il meurt. J'amène son esprit à la Mère qui lui donne à nouveau une nouvelle vie. C'est la voie de toutes les créatures, pas seulement du Roi-Soleil. "
Vous voulez dire que tout vit et meurt et vit à nouveau ? » Les fées regardèrent avec stupeur vers l'enfant Roi Soleil, niché dans les bras de la Mère.
« Oui, Petites», répondit la Vieille Sage. « Il n'y a jamais une fin à la vie. C'est le grand secret mystique du solstice d'hiver. »
Les fées rirent tellement elles étaient heureuses.
« Je lui montrerai où les roses sauvages fleurissent au début de l'été. »
« Et, je lui apprendrais à appeler les oiseaux et écouter les chansons du vent », s'écria Pissenlit.
« Quand il sera plus âgé et plus fort », dit la Mère, « alors les fleurs s'épanouiront à son contact, les oiseaux seront de retour pour chanter leurs chansons, et le souffle de l'air sera chaud, et l'hiver sera parti pour un temps. Alors le roi Soleil courra et jouera avec vous dans la forêt. »
Les fées chantèrent pour le Bébé Roi Soleil, des chants pour la venue du printemps, les fleurs odorantes, les abeilles endormies, et tous les secrets de la forêt. Et toutes les créatures du bois sacré chantèrent avec elles. Alors le renard les ramena à leur douillette maison sous les racines du chêne géant où elles firent des rêves merveilleux en attendant la chaleur du printemps et le plaisir qu'elles auraient avec le petit Roi-Soleil.

Traduction Monique Pour l'Ecole des Fées


« Le soleil de l'esprit »

Le soleil de l'esprit
Affirme sa victoire
Dans le tréfonds de l'âme

Un pressentiment pur
Découvre sa présence
Dans la grotte hivernale

L'élan d'espoir du cœur
Voit cet esprit solaire
Illuminer la nuit

Nuit bénie de Noël
Symbole de vie suprême
Aux creux du sombre hiver




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