jeudi

Programme de la semaine - juillet 4

Le soleil est dans mon cœur
Il me réchauffe de sa puissance
Et éveille la vie et l’amour
Chez l’oiseau,
Chez l’animal
Et chez la fleur.


Le tournesol

On dit qu’il y a des milliers d’années, le monde était partagé entre le Soleil (le jour) et les Etoiles et la Lune (la nuit).
Ainsi donc, la Terre connaissait une partie dominée par les ténèbres et une autre maîtrisée par le Soleil (la Lumière).
Mais le fort désir de la Lune était que l’obscurité puisse vaincre, de cette manière elle allait devenir la maîtresse de la Terre, tandis que le Soleil serait asservi.

Par conséquent, entre la Lune et le Soleil, éclata la guerre.
Le Soleil avait une fille qui s’appelait Hélianthe. Mais elle ne ressemblait pas aux autres de son âge, pas seulement grâce à sa beauté sans pareille mais surtout à sa vaillance.
Elle proposa donc à son père de lutter l’un près de l’autre contre la Lune.
-“ Nous devons vaincre ” - dit-elle, sinon nous serons enveloppés par les ténèbres.
-“ J’en suis d’accord ”, répondit le Soleil inquiet. “ Mais n’oublie pas que je suis vieux et qu’il me manque la force de lutter. 
De plus, elle a aussi de son côté les Etoiles et leur victoire est presque assurée ”.
-"Mais c’est moi qui vais lutter près de toi ”, l’encouragea Hélianthe.
-“ Non ma fille - C’est trop dangereux et de toute façon nous n’aurons aucune chance de réussite ”, ajouta son père.

N’écoutant pas son conseil, Hélianthe participa au combat comme un homme.
A la suite d’une bataille acharnée, le Soleil fut déclaré victorieux.
C’est alors que sa fille révéla son beau visage. La Lune vit ainsi que son vainqueur avait de longs cheveux blonds comme les épis d’or, flottant sur ses épaules et de très beaux yeux noirs.

Furieuse, elle lui lança un sortilège:
-“ Que tu sois à tout jamais une plante, que “ le Tournesol ” devienne ton nom et quand il fera soleil que tu regardes toujours vers ton père ” !
A cause du maléfice de la Lune, la fille se métamorphosa en une fleur de toute beauté.
Ses cheveux blonds se transformèrent en grands pétales jaunes et ses yeux noirs en
semences.
Et jusqu'à nos jours, le sortilège n’a pas été rompu. 
Hélianthe, métamorphosée en fleur, regarde encore et toujours vers son vieux père - le Soleil.






Le coeur du baobab


Un jour de grande chaleur, un lièvre fit halte à l'ombre d'un Baobab.
Il s'assit et contempla au loin la brousse bruissante sous le vent brûlant.
Il se sentit infiniment bien.
"Baobab" pensa-t-il "comme ton ombre est fraiche et légère dans le brasier de midi!"
ll leva le museau vers les branches puissantes. Les feuilles se mirent à frissonner
d'aise, heureuses des pensées amicales qui montaient vers elles.
Le lièvre rit en les voyant contentes. Il resta un moment béat, puis clignant de l'oeil et claquant la langue, pris de malice joueuse et gentille dit ceci:

- Certes, ton ombre est bonne, dit-il. Assurément meilleure que ton fruit!
Je ne veux pas médire, mais celui qui me pend au-dessus de la tête m'a tout l'air d'une outre pleine d'eau tiède.

Le Baobab, dépité d'entendre ainsi douter de ses saveurs, après le compliment qui lui avait ouvert l'âme, se piqua au jeu.
Il laissa tomber son fruit dans une touffe d'herbe. Le lièvre le flaira, le goûta, le trouva fort délicieux.
Alors il dévora, s'en pourlécha le museau, hocha la tête.
Le grand Arbre, impatient 'entendre son verdict, retint son souffle.

- Ton fruit est délicieux! admit le lièvre
Puis il sourit, reprit son allégresse taquine, et dit encore:
- Assurément, il est meilleur que ton coeur! Pardonne ma franchise, mais ce coeur qui bat en toi me parait plus dur qu'une pierre.

Le Baobab, entendant ces paroles, se sentit envahi par une émotion qu'il n'avait jamais connue. Offrir à ce petit  être ses beautés les plus secrètes.
Dieu du ciel, il le désirait, mais tout à coup, quelle peur il avait à les dévoiler au grand jour!

...Et lentement, il entrouvrit son écorce.
Alors apparurent des perles, des colliers, des pagnes brodés, des bijoux d'or et de pierres précieuses!
Toutes ces merveilles qui emplissaient le coeur du Baobab se déversèrent à profusion devant le lièvre dont les yeux s'éblouirent!

- Merci, Merci!! tu es le meilleur et le plus Bel Arbre du monde, dit-il tout heureux comme un enfant comblé et ramassant fiévreusement le magnifique trésor.

Il s'en revint chez lui, l'échine lourde de tous ces biens.
Sa femme l'accueillit avec une joie bondissante. Elle le déchargea à la hâte de son fardeau, se revêtit de pagnes et s'orna des colliers, puis sortit dans la brousse, impatiente de s'y faire admirer de ses compagnes.

Elle rencontra la Hyène. Cette charognarde, éblouie par les enviables richesses qui lui venaient devant, s'en fut aussitôt à la tanière du lièvre, et lui demanda où il avait trouvé ces trésors!
L'autre lui conta ce qu'il avait fait et dit à l'ombre du Baobab.
L Hyène y courut, les yeux allumés, avide des mêmes biens.
Elle y joua le même jeu.
Le Baobab, que la joie du lièvre avait grandement réjoui, à nouveau se plut à donner fraicheur, puis la musique de son feuillage, puis la saveur de son fruit, et enfin, la beauté de son coeur!

Mais...quand l'écorce se fendit, la hyène se jeta sur les merveilles offertes comme sur une proie, et fouillant des griffes et des crocs les profondeurs du grand Arbre pour en arracher plus encore, elle se mit à gronder:

- et dans tes entrailles, qu'y a-t-il? Je veux aussi dévorer tes entrailles! 
Je veux tout de toi, jusqu'à tes racines! Je veux tout, tu entends?!

Le Baobab, blessé, déchiré, prit d'effroi et de chagrin aussitôt se referma sur ses trésors et la hyène insatisfaite et rageuse s'en retourna bredouille vers la forêt.

Depuis ce jour elle cherche désespérément d'illusoires jouissances dans les bêtes mortes qu'elle rencontre, sans jamais entendre la brise simple qui apaise l'esprit.

Quant au Baobab, il n'ouvre plus son coeur à personne. Il a peur.
il faut le comprendre : le mal qui lui fut fait est invisible, mais non moins grand.

Henri GOUGAUD
"En vérité, le coeur des hommes est semblable à celui de cet Arbre Prodigieux :
empli de richesses et de bienfaits.
Pourquoi s'ouvre-t-il si petitement, quand il s'ouvre?
De quelle hyène se souvient-il?..."


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