jeudi

Les enfants-racines

L'histoire des petits enfants-racines
Sybille von Olfers


Dans le sol, au plus profond de la terre entre les racines des arbres, les petits enfants-racines dormaient profondément tout l'hiver. Ils ne sentaient rien du vent glacial, de la neige froide ou de la grêle cinglante. Ils dormaient paisiblement dans leurs terriers chauds. Ils rêvaient du soleil dans lequel ils avaient joué tout l'été. Et quels merveilleux rêves c'était !

Quand enfin le dernier hiver pris fin et que le soleil commença à fondre la neige, notre mère la Terre vint avec sa bougie pour les réveiller à nouveau.

« Réveillez-vous, les enfants », appela-t-elle gentiment. « Le temps est venu maintenant de se lever. Vous avez assez dormi. Le printemps arrive et il y a du travail à faire. Je vous ai apporté des ciseaux, des aiguilles et du fil et des morceaux de tissus de sorte que vous pouvez tous vous faire de nouveaux habits. Réveillez-vous ! Dès que vous êtes prêts, je vais déverrouiller et ouvrir les portes de la terre ».

Les enfants bâillèrent et s'étirèrent. Puis ils se levèrent gaiement. Hourra, le printemps arrive !

Mère Terre avait des morceaux de tissus de belle couleur dans son panier. Chacun des enfants-racines choisit sa propre couleur pour se faire une robe. Le perce-neige choisit un chiffon blanc comme la neige, le myosotis un morceau bleu ciel, le bouton d'or du jaune brillant, la marguerite du blanc avec du jaune et un peu de rouge, et le coquelicot un rouge vif.

Puis ils se sont assis en un cercle intime et commencèrent à travailler activement. Ils coupèrent, cousirent et repassèrent jusqu'à ce que tout soit exactement adapté.

Et tandis qu'ils travaillaient, ils chantèrent toutes les chansons de printemps qu'ils savaient.

Dès qu'ils eurent fini de faire leurs nouvelles robes, ils allèrent jusqu'à Mère Terre en une longue procession. Mère Terre regarda par-dessus ses lunettes, surprise de voir les enfants-racines venir si tôt.

« Eh bien, eh bien, vous avez été rapides », dit-elle, « et c'est joli comme tout ! »

Même les petites fourmis qui avaient aidé Mère Terre à enrouler sa laine en pelote vinrent regarder avec curiosité. Ils n'avaient jamais vu de vêtements si splendides.

Mais il y avait encore beaucoup à faire. Les coccinelles, les scarabées, les vers et les bourdons avaient également été dormir sous la terre et devaient maintenant se réveiller. Ils devaient être lavés et brossés, peints en couleur, et on devait les faire briller afin qu'ils paraissent aussi beaux que possible. Qu'est-ce que ce tohu-bohu qui se passait là-bas !

Juste au-dessus du sol, le chaud soleil était déjà en train de faire sortir les nouvelles feuilles vertes sur les arbres. Est-ce que les enfants-racines seraient prêts à temps?

Enfin, c'était vraiment le printemps!

Mère Terre ouvrit la porte. Ensuite, dans le soleil printanier vint le cortège de scarabées, les coccinelles et les enfants-racines.

Dans le bois, les papillons voltigeaient joyeusement autour des fleurs. Le muguet trouva un endroit frais à l'ombre des arbres à côté de violette bleue et là, ils laissent leurs clochettes tinter.

Là, le trop vieux père escargot vint lentement en rampant.

« Ha, vous êtes tous là! Bienvenue à la grande forêt », dit-il aux enfants.


La petite violette le regarda timidement de sa place à l'abri derrière son arbre. Elle n'avait jamais vu une telle créature avant !

L'été vint. Dans le petit ruisseau qui coulait entre les prairies, le nénuphar se laissait transporter sur l'eau comme une princesse.

Les roseaux murmurèrent dans le vent. Le myosotis vint et marcha précautionneusement dans l'eau. Mais les scarabées grommelèrent:

« Il y a trop de monde ici. Allez jouer ailleurs ! »

Dans la prairie fleurie, les enfants-racines s'amusaient bien. Ils dansèrent avec agilité dans la chaleur du soleil. Ils faisaient des pirouettes, youpi, quel plaisir! Si seulement c'était toujours l'été!

Les papillons voletaient au-dessus, et même les scarabées risquaient une danse. Les grillons chantaient, les abeilles bourdonnaient et c'était leur musique.

« Faites attention, petites herbes, ne tombez pas ! »

Mais l'été arriva également à sa fin. Le fort vent d'automne tournait en l'air les feuilles de couleurs vives et tira sur les vêtements des enfants-racines.


" Hou ", fit le vent, « Il commence à faire froid ici. Il est temps d'aller au lit ".

Alors ils sont tous rentrés de nouveau, en longue procession. Mère Terre se tenait près de la porte et embrassa chaque enfant un par un.

« Venez, les enfants », dit-elle, « et vous aussi, les scarabées et les abeilles. Il fait chaud et confortable ici et j'ai quelque chose pour vous tous pour manger et boire. Après ça, vous devrez tous aller dormir jusqu'à ce que je vous réveille au printemps ».

Et tous les petits enfants-racines allèrent à nouveau sous terre pour commencer leur long sommeil d'hiver.

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